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Les Fake news au Maroc : Quand Les réseaux sociaux s’en mêlent

Les Fake news au Maroc :  Quand Les réseaux sociaux s’en mêlent

Les fake news ont, semble-t-il, de tout temps existé. Toutefois, leur propagation par le biais des nouveaux médias est inquiétante. Malheureusement, ces fausses informations circulent plus vite et touchent un public de plus en plus large. Ce qui caractérise ce phénomène de post-vérité, outre leur production pour générer des revenus publicitaires sur les réseaux sociaux, c’est leur utilisation afin d’influencer l’opinion publique sur un sujet particulier. En 2016 au cours des élections présidentielles américaines, il y a eu une expansion de rumeurs et faits non-vérifiés sur la toile et c’est, de l’avis des observateurs, à ce moment-là que les fake news ont pris de l’ampleur.

Au Maroc, janvier dernier, la ministre de la Famille, de la Solidarité, de l’Égalité et du Développement social a été accusée d’avoir déclaré qu’un Marocain qui gagne 20 Dhs par jour ne peut être considéré comme pauvre alors qu’elle n’a, en vérité, fait que relayer une statistique du Haut Commissariat au Plan (HCP).

Aucune loi officielle sur les fake news n’existe au Maroc, mais le nouveau Code de la presse et de l’édition, promulgué en août 2016, sanctionne la publication de fausses informations (articles 72, 106 et 108 du Code de la presse). Cela n’empêche pourtant pas la diffusion de rumeurs. Mars dernier, un site d’information, « Maroc Leaks», publie une information concernant la mort du Roi Mohamed 6, et c’est le site français Mediapart qui dément cette fausse nouvelle. Pendant la même période le monarque est victime d’une rumeur virale, considérée par plusieurs parties comme relevant de la pure désinformation : son «divorce» avec la princesse lalla Selma. Cette fois-ci c’est un hebdomadaire espagnol « Hola» qui publie l’information.

L’institution monarchique est souvent victime de « fake news ». Le phénomène s’est accentué avec l’avènement des réseaux sociaux qui ont profondément changé le rapport des lecteurs à l’information. Ceux-ci sont désormais « acteurs » de leur propre quête d’information sur Facebook ou Google. Ces géants du Web deviennent ce que l’on appelle des infomédiaires: ils organisent le contenu produit par d’autres. Leur réussite économique s’appuie sur la captation des revenus publicitaires grâce à des technologies de ciblage alimentées par la collecte des données personnelles de leurs utilisateurs
Le problème, c’est que ce modèle économique de la pseudo-gratuité valorise le clic quelle que soit la qualité de l’information qui se cache derrière et laisse peu de place à la hiérarchie de l’information et au « recoupement » des sources. Offrant ainsi une formidable caisse de résonance à des articles mensongers, démagogiques et calibrés pour être colportés à l’envi.